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Saint André va également doter le château d’une ménagerie : il en retirera un ours qu’il offrira au Dauphin, fils de Henri II. Vallery vit un tourbillon permanent : de chasses en banquets, de mascarades en débauches, ce ne sont que rires, danses, chuchotements et bruissements d’étoffes.



Pierre Lescot avait puisé la source vive de son inspiration chez les Antiques. C’est là que Saint André trouve les rites et les thèmes de ses fêtes. Un des attributs indispensables de cette cour de Vallery sera le masque. Parfois ont prospéré des civilisations qui ignoraient la roue ou la charrue, mais le masque faisait partie de leurs traditions. Énigmatique, provocateur, incitatif ou rituel, le masque marque la fête depuis la nuit des temps.



Un anonymat relatif qui permet à chacun de prendre des libertés avec une morale parfois pesante... Sous l’impulsion de Saint André, "vrai Lucullus en luxes, bombances et magnificences", la cour va bientôt découvrir les points d’orgue et les dérives de la fête.
L'HISTOIRE
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Au solstice d’hiver, s’ouvrent à Vallery les saturnales, mi-comédie, mi-carnaval, pendant lesquelles régnera le principe du "monde à l’envers". Durant sept jours, les différences sociales s’abolissent, les maîtres assurant la charge des serviteurs et officiant à table. Une semaine de trêve et d’échange de cadeaux où chacun derrière son masque, fait fi de son identité. "Quod cuique libitum esset, licitum fiat" - "Que ce qui plait soit permis" - telle était la devise de ces réjouissances secrètes en l’honneur de Bacchus, inspirées des dionysies grecques. Ces bacchanales que Vallery abrite alors sans pudeur se déroulent sous les masques de faunes et de faunesses hilares qui, en clef de voûte, semblent jouir de ces spectaculaires débauches.


Hommes et femmes mêlés, parés de ceintures de lierre, de couronnes de ciste quand il ne s’agit pas d’attributs phalliques. C’est ainsi que les deux jardins clos au cœur de la forêt abritent les jeux de créatures masquées des attributs du panthéon païen auxquels viennent s’ajouter ceux d'animaux et de travestis grotesques. Au Carême-prenant, l’ordre établi et l’étiquette ont du mal à régner à nouveau chez ces pourfendeurs de Huguenots qui défient la morale Chrétienne.


Pour De Thou, le Maréchal reste un homme assoiffé de plaisirs et éperdu de débauche ("homo effrenati luxus perditaeque libidinus"), "l’homme le plus galant de son temps et qui avait le plus de goût et d’intelligence pour les fêtes", "un homme", selon Brantôme, "porté sur toutes espèces de lascivité et profusion".
Quand le Maréchal reçoit une nouvelle fois son souverain et ami, Henri II, à Vallery, du 2 au 8 Septembre 1556, au cours de la fête qu’il a lui-même organisée, le Roi reste émerveillé de tant d’imagination : une procession met en scène des personnages extravagants dont les costumes ont été dessinés par le maréchal lui-même, d’inspiration plus antique que jamais.

Après le banquet, les divertissements s’organisent dans les jardins : ce sont là, durant sept jours et sept nuits, combats de gladiateurs, comédies grecques et tournois. L’apothéose au soir du dernier jour fut des joutes nautiques sur les bassins des jardins clos.



Jacques Androuet du Cerceau
Jardins d'agréments du Château de Vallery


Pour le 26 Décembre, à Vallery, l’on renoue avec la fête des fous. Cette fois encore, la hiérarchie est bousculée. Certains ecclésiastiques se déguiseront en démon ou en femme, et élisent un pape des fous qui prononce des sermons burlesques et distribue des bénédictions grivoises aux quatre coins du château dans une ambiance impie et avinée. Un siècle plus tôt, le Concile de Bâle avait dénoncé ces pratiques et interdit le port d’attributs épiscopaux à toute personne étrangère au clergé.